Pour ce premier numéro de notre série Raconte ta vie de Canari !

Alexis (22 ans) s’est prêté au jeu des questions/réponses sur sa vie autour des Jaunes et verts !

Un entretien passionnant et émouvant de ce jeune supporter nantais qui depuis son enfance ne fais qu’un avec son club de cœur.

 

Depuis combien de temps es-tu abonné au FCN ?

J’ai été abonné deux saisons avec mon père, en 2014 et 2015. Puis, à la sortie du lycée, je suis parti étudier à Lille et je n’ai pas renouvelé mon abonnement. Je l’ai repris, la saison dernière, à mon retour. Mais les études m’obligent à le stopper, de nouveau.

Raconte-nous ton premier match a la Beaujoire ?

C’était un soir d’été, durant la saison 2003-2004. Je n’ai plus le nom de l’adversaire en tête. J’avais six ans et je suis tombé amoureux de cette ambiance, de ce stade et de ce club. Mon principal souvenir (en plus de l’excellent et inimitable américain-frites de chez Pépère) reste ma stupéfaction en voyant ce grand rectangle vert à mon entrée dans l’enceinte. Je n’étais pas bien grand et j’avais été surpris par l’immensité de cette pelouse. J’étais en Tribune Erdre, avec mon oncle, un amoureux du FC Nantes à qui je dois ma passion. C’était une première fois magnifique, inoubliable. Et la première d’une très longue série.

Quel est ton plus beau souvenir ?

En une quinzaine d’années, les beaux souvenirs se font rare. Je n’avais que 4 ans en 2001 lors du dernier titre de champion de France, j’étais également trop petit pour vivre les deux dernières victoires en coupe de France. Mes principales joies restent les deux remontées en Ligue 1. Mais, paradoxalement, ma plus forte émotion, la plus belle d’une certaine façon, celle qui restera, demain, comme un souvenir indélébile, aura été vécu dans un moment d’immense tristesse. C’était la saison dernière, neuf jours après la disparition de notre buteur adoré, lors de la rencontre contre Saint-Etienne. Le stade de La Beaujoire avait rendu un hommage vibrant à Emiliano. Son nom n’en finissait plus de résonner… Il y avait eu cette chanson : « C’est un Argentin, qui ne lâche rien, Emiliano Sala, Emiliano Sala, Emiliano Sala ». C’était triste. Triste mais magnifique. Le peuple nantais était pour la première fois depuis si longtemps uni, rassemblé dans la peine. Du recueillement, silencieux et poignant, devant son portrait géant devant le stade, aux discussions d’avant-match, en passant par l’entrée des joueurs, tout était différent. Je n’avais jamais ressenti une telle émotion. Il y avait eu 1-1. Mais ce soir-là, le score n’était qu’un détail…

Quel est ton plus mauvais souvenir ?

Mon plus mauvais souvenir restera la disparition d’Emiliano. Ce joueur qu’on adulait pour sa simplicité, son abnégation et ses qualités de guerrier. Mon joueur favori, aussi, celui qui m’avait procuré tant d’émotions sous le maillot nantais. J’étais au Maroc, en vacances dans ma famille, quand la nouvelle est tombée. J’ai eu le sentiment de perdre un ami. Nous ne l’oublierons jamais.

Tu commentes pour la radio les matchs du FCN a domicile et à l’extérieur, quel match t’as fait le plus vibrer ?

Effectivement, j’ai eu la chance de commenter sur la radio nantaise SUN durant une saison des rencontres du FC Nantes, à domicile comme à l’extérieur. J’ai encore en mémoire le 5 – 0 contre Guingamp à la Beaujoire, avec des Canaris méconnaissables et irrésistibles en deuxième mi-temps. Mais le match le plus fort à commenter aura été la demi-finale de Coupe de France, au Parc des Princes. Le club n’était plus qu’à une marche de la finale. Le peuple jaune rêvait du Stade de France après cette saison très compliquée. Et l’impossible semblait permis au vue de la situation sportive du PSG. Le match aura été qui plus est très serré durant 80 minutes, et le penalty repoussé par Tatarusanu avait maintenu l’équipe en vie. Avant qu’elle n’explose, finalement, dans les ultimes minutes.

Raconte-nous ta journée type d’avant match !

La préparation d’une rencontre nécessite plusieurs heures de travail. Je consulte et j’imprime des articles sur le FC Nantes, du jour, de la veille et de la semaine précédant le match. Je privilégie principalement la presse régionale (Ouest-France, 20 minutes, Presse Océan), mais je consulte également l’Equipe ou France Football. Il est vraiment important de s’immerger au maximum dans l’actualité du club, pour sortir les informations presque instantanément et au bon moment durant la retransmission en direct. Je prends des notes sur chaque joueur des deux équipes et sur l’historique de la confrontation à commenter. Je note les principales statistiques et j’essaie de trouver deux, trois anecdotes autour d’un ou plusieurs joueurs.

Comment as-tu vécu la saison dernière ?

Très, très mal. Les dernières n’avaient déjà pas été réjouissantes… Mais celle-ci aura été un vrai cauchemar, la saison de trop. Et sur tous les plans… Sportivement, l’entrée en matière a été catastrophique avec Miguel Cardoso. Les prestations insipides, la domination stérile. On a une nouvelle fois changé de technicien au bout de quelques mois. Les débuts de Vahid ont été prometteurs, mais la disparition de Sala aura tout chamboulé. Au final, on se sauve dans la dernière ligne droite avec une série de victoires inattendue contre des gros. Mais, la politique sportive, aujourd’hui et depuis des années, ne laisse entrevoir aucun espoir. Les leçons du passé ne sont jamais tirées. Les années (et les erreurs) se suivent et se ressemblent. Entre les mercatos ratés, les changements de coach, le traitement des fans, supporter cette équipe du FC Nantes est un combat perpétuel. Il faut presque se convaincre, chaque jour, qu’on a fait le bon choix. Mais un club historique ne meurt jamais et Nantes, j’en suis persuadé, renaîtra un jour, reviendra sur le devant de la scène. D’ici là, les hommes auront sans doute changé. Le logo, j’espère aussi. Mais nous, supporters, amoureux de ces couleurs, nous serons toujours là. Et pour rien au monde, je ne changerais de club. C’est mon club, ma passion et une grande partie de ma vie.

A quelle place le FCN va-t-il finir cette saison ?

C’est toujours compliqué à dire avec le FC Nantes. Mais, au vue des problèmes internes et du projet sportif imperceptible, je ne suis pas très confiant. Je vois le club finir dans la deuxième partie de tableau, entre la douzième et la quinzième place. Et attention à ne pas trop flirter avec les sièges éjectables…

Quel est l’ancien joueur nantais que tu regrettes ?

Question difficile… Je n’ai jamais vraiment regretté un départ. Les joueurs, aujourd’hui, ne vouent plus la même fidélité aux clubs. Ils ne sont que de passage et, à l’exception de certaines formés à la maison, les joueurs qui ont laissé une trace marquante se font très rares. Ma réponse aurait été plus facile si j’avais connu et vu de mes propres yeux la période faste du club, ses joueurs de talent, cette saison 94/95… Mais, par rapport à mon vécu, je dirais Frédéric Da Rocha. Je l’ai vu jouer deux ou trois saisons seulement sous le maillot jaune, mais son amour pour le club m’a toujours laissé admiratif. Je revois encore ses larmes, lors de la descente du club en Ligue 2. C’était un grand joueur, un grand homme.

Quel est ton joueur préféré actuellement au club ?

De très loin, Nicolas Pallois. Il représente tout ce que j’aime chez un joueur : la simplicité, la combativité et le professionnalisme. A travers lui, c’est un peu Emiliano Sala que je célèbre. Il a traversé une dernière saison très difficile sur le plan émotionnel, mais sportivement, il a toujours été à la hauteur. Il a même semblé encore meilleur, encore plus hargneux qu’à son arrivée. J’ai toujours trouvé les critiques injustes à son égard. Il était arrivé avec l’étiquette du joueur bordelais, et une réputation de joueur « méchant » et maladroit. Sous le maillot nantais, c’est tout le contraire. Il est le vrai patron de cette équipe et celui qui incarne, sans doute, le mieux l’esprit nantais, aujourd’hui.

Et enfin, si tu devais recruter un joueur au FCN ça serais lequel ?

Je recruterais Edinson Cavani. J’ai beaucoup de respect pour l’homme et pour le joueur. C’est un excellent buteur à la mentalité irréprochable. Et, en plus, il vient d’Amérique du Sud. Comme un Argentin…

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